En décalage

17 mai 2018

Comment j'ai piloté un avion de chasse

Aujourd'hui, j'ai réalisé l'activité la plus incroyable de mon existence : un vol en avion de chasse ! Dont j'ai même pris les commandes ! Eh oui. Peu de gens le savent, mais la chose est bien connue des passionnés d'aviation : il est possible pour un civil d'embarquer à bord d'un avion de chasse. Le prix est à la mesure de l'événement, évidemment. Et j'ai longtemps hésité avant de me lancer. Mais on ne vit qu'une fois, après tout. Ou deux, si l'on est croyant. Ou plus, si on est bouddhiste. Bref, nous étions trois participants ce jour-là, et je passais en seconde place. Impossible de vous dire à quel point l'attente a été longue et courte à la fois ! Interminable, parce que la peur montait à chaque minute qui passait. Courte, car dès que le premier participant s'est dirigé vers l'appareil, j'ai dû aller enfiler ma tenue de vol, et je n'ai attendu au final qu'une poignée de minutes sur le tarmac, derrière la barrière de sécurité. Puis un membre de l'équipe m'a invité à rejoindre l'appareil. Chemin faisant, j'ai croisé le premier participant, qui avait le teint blême et m'a jeté un sourire légèrement tremblant. Okay, les sensations étaient bien au rendez-vous. Je me hisse jusqu'au cockpit. La cabine est étroite sans être incommode. Une fois harnaché, on a même l'impression de faire partie de l'appareil. Je mets le casque micro : c'est grâce à lui que je resterai en contact avec le pilote devant. Les verrières se ferment, et voilà : je suis pilote de chasse pour les 30 minutes à venir. L'excitation qui s'empare de moi est incommunicable. L'aviateur requiert l'agrément pour décoller, et accède à l'extrémité de la piste. Une poignée de secondes à peine pour goûter ce moment, partagé entre bonheur et terreur. Puis c'est le décollage. Gaz à plein régime. Le démarrage n'est pas aussi violent que ce que j'imaginais. Plus sensationnel que sur un avion civil, évidemment. Mais rien de bien méchant non plus. Le pilote vérifie régulièrement mon état en me parlant par casque-micro interposé. Nous amorçons un vol à basse altitude. C'est sympathique mais loin d'être impressionnant. Cependant, quelques minutes plus tard les acrobaties aériennes commencent ; et là, ça ne s'apparente à rien de connu. Dès le premier tonneau, les G se font sentir : une charge puissante sur le buste et les épaules. J'ai la sensation de m'emboîter dans mon siège. Puis c'est le déchaînement dans le ciel. Les figures s'enchaînent les unes les autres. La pression est dorénavant sur toute mon anatomie. 5G, cela apporte la sensation que mon anatomie pèse 5 fois plus que d'habitude, près de 330 kilos ! Je contracte mes muscles le plus possible afin de compenser, j'entends mon coeur battre à tout rompre à l'intérieur. J'ai l'impression que je vais voler en éclat. Un instant absolu d'affolement et de bonheur. Virages, passages sur le dos, tonneaux, loopings... Ca ne s'arrête plus! Après quelques secondes, j'ai du mal à distinguer le haut du bas, la terre du ciel. Tout va trop vite. Au bout de quelques minutes, j'ai la gorge desséchée comme du coton, et le corps inondé de sueur. Après un moment, je ne réponds plus au pilote, et celui-ci arrête immédiatement ses acrobaties. Je mets un moment avant de recouvrer mes esprits. L'épuisement est déjà là, et j'ai les mains qui tremblent. Quand il me sent plus alerte, le pilote me demande de prendre les commandes. J'agrippe le manche et l'amène graduellement vers moi. L'avion répond illico. C'est ahurissant. Je fonce dans le ciel à 500km/h, aux commandes d'un avion de chasse ! Dussé-je vivre deux cents ans, je ne pourrai jamais oublier cette journée extraordinaire. Je vais bien dormir ce soir, mais je sais déjà de quoi je vais rêver. Plus d'infos sur ce baptême en avion de chasse en suivant le lien.

pilote (6)

 

 

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14 mai 2018

Les impayés

Les ménages ruraux sont nombreux (71%) à déclarer des impayés de toute nature. Toutefois, lorsqu’ils existent, ces impayés sont d’un montant souvent plus faible qu’ailleurs. Par conséquent, et rapportés à leurs ressources relativement plus élevées, les impayés représentent pour eux un poids moindre (75% des ressources en médiane). Les impayés moins fréquents (46%), mais au montant important (1 179€), des ménages urbains d’Île-de-France sont à titre de comparaison 1,2 fois plus élevés que leurs ressources médianes. Il est intéressant de noter que les ménages périurbains déclarent des impayés à la fois nombreux et élevés

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21 mars 2018

Switch 2000 à Amsterdam

Mea culpa. Mea maxima culpa. Je craignais que la Switch ne soit le dernier clou sur le cercueil de Nintendo. Mais elle semble au contraire permettre à Big N de renouer avec le succès. Et pas qu'un peu ! Il y a quelques jours, je suis en effet allé à Amsterdam dans le cadre d'un incentive, et nous en avons discuté entre collègues : nombre d'entre eux ont déjà craqué pour la console ! Cette dernière a d'ailleurs signé le meilleur lancement qu'ait jamais signé une console de salon en France : plus de 100000 modèles en un seul week-end. On est loin de la Wii U et de ses 45000 exemplaires ! Je crois que la Switch a bénéficié de l'effet Zelda, qui était disponible au lancement : le titre a été plus que salué par la critique (il est d'ores et déjà considéré comme un des meilleurs jeux de tous les temps !). Le jeu s'est vendu presque aussi bien que la console, d'ailleurs... Le line-up rachitique ne semble finalement pas avoir rebuté les gens : ils ont décidé de sauter le pas plutôt que d'attendre les packages de Noël. Lorsque j'ai découvert que la Switch allait être lancée en mars, j'ai pensé que Nintendo allait droit dans le mur. Mais en fin de compte, j'avais tout faux. Cette sortie décalée permet de faire son trou sans être en concurrence frontale avec les concurrents plus techniques. Bizarrement, les ventes sont un peu moins bonnes au Japon, puisque la Switch reste à environ 30000 exemplaires en dessous du record établi par la Wii (330637 Switch vendues). En ce qui me concerne, je pense que je vais tout de même attendre la fin de l'année avant de me lancer. Je ne ferai pas comme avec la Wii, que j'ai achetée sans réfléchir, et que j'ai vite revendue. La console n'était pas mauvaise, mais la plupart des jeux étaient développés avec les pieds. Et ça, c'est rédhibitoire, pour un vrai joueur. Quoi qu'il en soit, cet incentive m'a bien plu. Plus d'informations sur ce site. Davantage d'information est disponible sur le site de l'agence organisatrice cette expérience incentive à Amsterdam. Cliquez sur le lien.

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20 mars 2018

Afghans réfugiés ou déplacés

En 2017, quelque 2,6 millions de réfugiés afghans vivaient dans plus de 70 pays du monde. Environ 95 % d’entre eux se trouvaient dans deux pays, l’Iran et le Pakistan, où ils étaient victimes de discrimination et d’attaques racistes et étaient confrontés à l’absence d’infrastructures de base et au risque d’expulsion collective. Entre 2002 et 2017, plus de 5,8 millions d’Afghans sont rentrés dans leur pays, souvent renvoyés contre leur gré par d’autres États. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a déclaré que quelque 437 907 personnes avaient été déplacées par le conflit rien qu’en 2017, ce qui portait à plus de deux millions le nombre total de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Malgré les engagements des gouvernements afghans successifs, les personnes déplacées ne disposaient toujours pas d’un logement convenable ni de suffisamment de nourriture et d’eau, et n’avaient pas accès comme il se devait aux soins médicaux, à l’éducation et à l’emploi. La plupart d’entre elles n’avaient d’autre choix que d’effectuer quotidiennement de longs trajets pour aller chercher de l’eau et avaient du mal à trouver de quoi prendre un repas par jour. La quasitotalité ne bénéficiait pas des services de santé de base. Les soins médicaux privés étaient inabordables pour la majorité des personnes déplacées, et les centres de santé mobiles, gérés par des ONG ou les pouvoirs publics, n’étaient à leur disposition que de façon sporadique. Par ailleurs, les personnes déplacées étaient régulièrement menacées d’expulsion forcée, aussi bien par des agents de l’État que par des acteurs non gouvernementaux.

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27 janvier 2018

J'ai pilote un Boeing

Charles de Gaulle, la semaine dernière. Après un briefing de 30 minutes, j'entre dans le cockpit du Boeing et m'installe sur le siège du commandant de bord, tandis que ma femme s'installe sur l'un des deux sièges à l'arrière du cockpit. Mon pilote-instructeur s'installe à ma droite, sur le siège de l'officier pilote de ligne (OPL). Je sangle ma ceinture à cinq points d'ancrage et mets mon casque. C'est le moment d'effectuer la checklist de contrôle. Quelques minutes plus tard, je demande enfin à la tour de contrôle la permission de décoller. C'est l'heure de quitter le plancher des vaches. Je pousse les gaz. L'appareil accélère sur la piste et je sens le cockpit vibrer. Puis l'appareil quitte la piste et je me retrouve collé à mon siège. Je monte à 2000 pieds avant de prendre un virage à 45° pour m'éloigner de l'aéroport. C'est parti pour une heure de vol. Je ne suis pas pilote. Et ce n'est pas un véritable appareil. Pourtant, de là où je suis, il est impossible de distinguer la fiction de la réalité. Je suis dans un simulateur de vol. Rien à voir avec un quelconque Flight Simulator. Il s'agit ici d'un simulateur professionnel, utilisé par les compagnies aériennes pour former leurs pilotes de ligne. Ces simulateurs ont été approuvés par la DGAC (Direction Générale de l'Aviation Civile). Le cockpit est la réplique exacte d'un Boeing, et la simulation est photo-réaliste. La cabine fermée est installée sur vérins hydrauliques, et l'on ressent donc tous les mouvements lors du vol : les accélérations, les décélérations, les inclinaions de l'appareil, l'atterrissage. Le simulateur reproduit la réalité à 98% ! Le simulateur reproduit également à la perfection les conditions climatiques : jour / nuit, neige, lumière éblouissante... Le vol est à la carte, c'est-à-dire que l'on peut choisir l'aéroport d'envol (parmi plus de 24000), les conditions de vol (conditions climatiques, panne éventuelle...). Pour ma part, j'ai opté pour un vol tranquille Bâle-Strasbourg, de jour et par beau temps. Une expérience incroyable ! A tel point que j'ai ressenti le décalage horaire à la sortie. Je m'étais posé au crépuscule et on était en fin de matinée à l'extérieur ! Retrouvez plus de renseignements sur l'organisateur vol en simulateur.

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18 janvier 2018

Vous chantiez ? Je n’en étais pas fort aise

Ces jours-ci, deux pseudo-chanteuses sortent un disque, et, bien entendu, on les invite dans les radio-télés. Elles ont en commun une absence totale de voix, mais elles diffèrent par leur capacité à s’exprimer lorsqu’on leur pose des questions. La première, c’est Charlotte Gainsbourg. Elle, tout comme feu son père, est atteinte d’une timidité maladive, et il faudrait presque lui arracher les mots. Vous me direz que le mal n’est pas grand, attendu qu’elle n’a strictement rien à dire. Du moins ne nous casse-t-elle pas les oreilles, il suffit de faire autre chose pendant ses interviews ou, mieux, pendant qu’elle chante – aussi faux que sa mère Jane Birkin, et avec une tessiture aussi réduite, ne dépassant pas une demi-octave et déraillant dans les notes aigües. La seconde, c’est Carla Bruni. Elle n’a pas plus de voix qu’un papillon, mais elle cause, elle cause, c’est tout ce qu’elle sait faire (comme disait le perroquet de Zazie dans le métro), et on peut l’écouter en se marrant, afin de relever les âneries qu’elle profère sans se rendre compte qu’elle se ridiculise. Par exemple, que son mari – rappelez-moi son nom – est « le plus grand homme politique que ce pays a connu ». Elle n’est pas franchement antipathique, mais ce que je préfère chez elle, c’est son fils Aurélien ! Finalement, on se prend à regretter l’absence de Céline Dion ou de Mireille Mathieu. Elles, au moins, si elles vous assourdissent, sont capables de chanter juste.

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11 décembre 2017

La motoneige

Ah, Noël. Ses décorations, ses sapins, ses cadeaux, ses dîners qui n'en finissent pas... et surtout, sa neige !! L'hiver est vraiment la saison que je préfère entre toutes. En fait, c'est tellement vrai que je remplacerais sans problème toutes les activités nautiques de la périodes estivale par une seule activité glisse, si j'en avais la possibilité ! Se prélasser en bord de mer ou filer sur les pentes ? Le choix n'a rien de bien compliqué, en ce qui me concerne : je ne me sens jamais autant à ma place que sur des skis. Et de préférence au milieu d'une piste rouge, n'est-ce pas ! :) Ca, ce sont vraiment des vacances qui déchirent. Les autres activités sont sympas, bien sûr, mais ont tellement moins à offrir. Il m'arrive de faire de la planche à voile, du kitesurf, et même des treks. Mais le ski demeure bien au-dessus de tout ça. Cependant, je ne suis pas un fanatique pur sucre, et par moment, je peux même m'essayer à une nouvelle activité sur la poudreuse. Par exemple, il y a quelques jours, j'ai réalisé une balade en motoneige à La Plagne. C'était une première, et je dois dire que j'ai été conquis. Déjà, la motoneige est sympathique à prendre en main : trente secondes suffisent pour s'habituer et ensuite, on a l'impression d'avoir fait ça toute sa vie. Même mon épouse, qui n'aime pas particulièrement conduire (elle a raté quatre fois son permis et je crois que l'inspecteur a fini par le lui donner de guerre lasse ^^'), a su piloter sans le moindre problème (et m'a même jeté un regard arrogant lorsque j'ai osé lui proposer mon aide :D). Ensuite, les motoneiges permettent d'aller dans des sites à l'écart des pistes traditionnelles. Du coup, on a droit tout du long à des paysages incroyables. Tout ça pour dire que c'est une sortie plaisante que je conseille vivement. Tenez, voilà le site du prestataire, si si vous passez par La Plagne. Et surtout, bonnes vacances neige ! Retrouvez toutes les infos sur cette expérience de randonnée en motoneige à La Plagne en suivant le lien.

 

motoneige (3)

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08 décembre 2017

Prédation et refus de vente : deux cas illustrant les difficultés de la règle per se

Le premier cas se réfère à une baisse de prix pouvant correspondre à un prix de prédation. En 1999, le DoJ initiait une enquête à propos du comportement de la compagnie aérienne American Airlines qui avait réagi à l’entrée de concurrents sur différentes liaisons à partir de son aéroport de base (hub) de Dallas en abaissant de manière substantielle ses propres prix et en accroissant ses capacités de vol. Était-ce là un comportement prédateur pour faire sortir les nouveaux concurrents ou était-ce plus simplement une réaction normale afin de défendre ses parts de marché face à de nouveaux concurrents ? Le DoJ concluait son enquête en expliquant que ce comportement ne pouvait se concevoir en dehors d’un pur objectif d’exclure des concurrents. Selon le DoJ, étant donné la domination d’American Airlines sur son aéroport de base, les pertes qu’une baisse de prix et d’accroissement de capacités induisaient n’étaient rationalisables qu’en regard de gains ultérieurs que la compagnie pouvait espérer si elle parvenait à induire la sortie des concurrents. Mais comment prouver la matérialité de gains futurs, sans que l’on soit assuré que la sortie des concurrents aura bien lieu ? Sans se prononcer sur le fond, une cour de justice locale donnait tort au DoJ dans un jugement préliminaire. Ce verdict fut confirmé en appel au motif que American Airlines n’avait pas baissé son prix en dessous d’un niveau approprié de coût que le tribunal explicitait en la circonstance. Mais au-delà du verdict, l’intérêt de ce jugement était double. D’une part, il affirmait que l’intention de la prédation n’avait pas à être prouvée, autrement dit, les tribunaux pouvaient être dispensés de montrer que la baisse de prix et l’expansion de capacité avaient bien pour intention ou pour objectif de réduire le nombre de concurrents. Il suffisait de prouver que la hausse de prix qui devenait possible après l’élimination du concurrent pouvait compenser la perte due à la baisse initiale. C’était là une transformation notoire. D’autre part, le jugement définissait une notion de coût-plancher pour déterminer le seuil en deçà duquel la baisse de prix pouvait être de nature délictueuse. En l’occurrence, le seuil minimal de coût retenu était le coût incrémental moyen, conformément à une recommandation de Areeda et Turner (1974). Certains économistes ont vu là une jurisprudence permettant de clarifier la notion de prix prédateur. Le deuxième cas est relatif à une pratique de refus de vente. En 1992, la société Eastman Kodak a été poursuivie en justice par l’un de ses clients à qui elle refusait de vendre des pièces détachées parce que ce client cherchait à concurrencer Kodak dans l’offre de services de photocopieurs. Fallait-il sanctionner ce refus de vente ? Le problème était d’autant plus délicat que ces pièces détachées étaient protégées par des droits de propriété intellectuelle. La société Kodak était accusée par son concurrent de violer l’article 2 du Sherman Act en cherchant à monopoliser le marché des pièces détachées de ses propres photocopieurs. Un premier jugement de droit civil disculpait Kodak de toute charge en estimant qu’il était peu vraisemblable que le refus de vente traduise l’objectif d’exclure un concurrent. Retenant le marché de la vente de photocopieurs neufs où Kodak ne disposait que d’une part de 20 %, le jugement préliminaire estimait en effet qu’il aurait été irrationnel de la part de Kodak de restreindre ses ventes dans un motif de prédation. La neuvième Cour d’appel, puis en dernière instance la Cour suprême en 1997, invalidaient ce jugement préliminaire, en invoquant d’autres arguments pour expliquer que le comportement de prédation ne pouvait être exclu a priori et qu’il fallait réexaminer le cas sur le fond. L’entrée dans l’argumentaire de la Cour suprême de notions telles que les externalités de réseaux, les avantages liés à la base installée, le verrouillage technologique (lock-in), les coûts de changement de fournisseurs (switching costs), etc. illustrait l’influence croissante de l’analyse économique sur le droit de la concurrence. Comme le cas portait sur un refus de vente de composants brevetés, la CAFC, juridiction de dernier ressort en matière de propriété intellectuelle, devait affirmer dans une décision de 1999 qu’un refus de vente d’un produit breveté ne saurait constituer, en aucun cas, une violation du droit de la concurrence. Deux questions étaient ainsi posées et elles sont au cœur de nombreux débats contemporains. La première est de savoir s’il y a prééminence du droit de la propriété intellectuelle sur celui de la concurrence, et la deuxième de savoir dans quels cas un refus de licence d’un droit de propriété intellectuelle peut être de nature délictueuse. Ces questions sont loin d’être tranchées, alors même qu’elles sont au cœur de procès contemporains spectaculaires en antitrust (comme ceux à l’encontre de Microsoft aux USA et en Europe). Elles illustrent quelques-unes des tensions présentes qui traversent le droit de la concurrence et celui de la propriété intellectuelle.

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20 novembre 2017

Mortalité liée à l’insuffisance cardiaque

En 2013, 70 213 certificats de décès mentionnent l’IC comme cause initiale ou associée de décès, dont une majorité de femmes (55,4 %). Environ deux tiers (64,6 %) des personnes décédées sont âgées de 85 ans ou plus (74,5 % chez les femmes, 52,4 % chez les hommes). La part de décès survenus avant 65 ans est faible (4,7 %) et inférieure chez les femmes (2,6 %) par rapport aux hommes (7,2 %). En 2013, le taux brut de mortalité liée à l’IC est de 106,9/100 000 habitants (114,8 chez les femmes, 98,4 chez les hommes). À l’inverse, le taux standardisé sur l’âge est plus élevé chez les hommes que chez les femmes (127,7 versus 82,8). Entre 2000 et 2013, le taux standardisé de mortalité diminue fortement (- 36,0 %) de façon homogène selon le sexe et l’âge. La réduction de la mortalité liée à l’IC témoignerait de l’amélioration de la prise en charge de l’IC et des cardiopathies ischémiques. Les Hauts-de-France et la Corse affichent les taux de mortalité les plus élevés. L’Îlede-France, quant à elle, présente le taux le plus bas. Les taux demeurent proches de la moyenne nationale pour les autres régions métropolitaines. Les DROM ont des taux particulièrement bas par rapport au taux national, à l’exception de La Réunion. Ces disparités régionales pourraient s’expliquer par des taux de patients hospitalisés variables et par des inégalités sociales aussi bien dans l’accès aux soins que dans la prise en charge. De plus, les personnes insuffisantes cardiaques étant généralement âgées, les difficultés inhérentes à leur prise en charge sont à considérer, et sont plus ou moins importantes selon la région de domicile. Enfin, l’IC étant mentionnée en tant que cause associée de décès dans deux tiers des certificats de décès, la cause initiale de décès est fréquemment non cardio-vasculaire. Ainsi, les disparités de prise en charge de ces affections non cardio-vasculaires peuvent jouer un rôle dans les disparités régionales de mortalité liée à l’IC. En 2013, le taux de mortalité liée à l’IC varie selon l’indice de désavantage social (FDep) de la commune de résidence. Il est environ 1,5 fois plus élevé dans le quintile de population le plus défavorisé socio-économiquement (Q5) par rapport au moins défavorisé (Q1). Cet écart de mortalité est plus marqué parmi les personnes de moins de 65 ans (ratio Q5/Q1 de 2,5). Ces variations sont liées aux variations régionales du taux de patients hospitalisés et aux inégalités de prise en charge et d’observance des traitements selon la position socio-économique.

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06 novembre 2017

Cuba, l'ère des populistes

Quand je regarde l'actualité américaine, je suis quand même bien content de vivre en France. Dès que je vois la trogne de Trump à la télévision, je me dis que les Etats-Unis sont un pays extraterrestre. Durant un séminaire à Cuba, j'ai d'ailleurs discuté de ces élections américaines avec des new-yorkais. Nous avons évidemment parlé du milliardaire à la coupe de cheveux étrange qui fascine tant les médias. Quand on m'a demandé si nous avions un équivalent en France, j'ai répondu que nous avions heureusement été préservés de cette folie. Nous avons bien eu Jacques Cheminade qui décrivait la réforme de la santé américaine comme un crime contre l'humanité, mais il y a une différence de taille, en ce sens où il obtenait un score risible. Pour autant, avec un peu de recul, il me semble que nous ne sommes pas si loin du cas américain, en définitive. Car quelque chose ressort clairement de ces élections : l'ordre actuel, comme chez nous, est en train de s'écrouler. Là-bas, ce sont des candidats comme Donald Trump qui tirent leur épingle du jeu : des challengers qui prônent la destruction du modèle existant. Mais ici, nous avons un équivalent puisque nous avons la présidente du Front National. Aux Etats-Unis comme en France, un changement analogue est en cours : l'électorat ne supporte plus ses élites. Cela fait un bout de temps que ce désamour caractérise notre société. Lors des élections de 2002, un certain Jean-Marie Le Pen était déjà passé au second tour. On ne peut donc pas prétendre que ça vient de sortir. Il s'agit davantage d'une vague de fond qui s'est construite au fil des décennies. Je crois que tout a commencé à partir de Napoléon. Et puis c'est monté, avec les crises économiques, la montée de la dette publique, la montée du chômage.. Lors de ce séminaire à Cuba, quelqu'un a décrit ce rejet comme une menace pour la démocratie. Mais je ne suis pas du tout d'accord avec cette idée. Je crois au contraire qu'il est capital de rappeler qui est le patron, de temps à autre : le peuple. Pour l'instant, c'est l'ère des populistes. Mais après cela viendra enfin l'ère de la reconstruction. A lire sur le site internet de l'Agence Séminaire à Cuba.

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