Quand je regarde l'actualité américaine, je suis quand même bien content de vivre en France. Dès que je vois la trogne de Trump à la télévision, je me dis que les Etats-Unis sont un pays extraterrestre. Durant un séminaire à Cuba, j'ai d'ailleurs discuté de ces élections américaines avec des new-yorkais. Nous avons évidemment parlé du milliardaire à la coupe de cheveux étrange qui fascine tant les médias. Quand on m'a demandé si nous avions un équivalent en France, j'ai répondu que nous avions heureusement été préservés de cette folie. Nous avons bien eu Jacques Cheminade qui décrivait la réforme de la santé américaine comme un crime contre l'humanité, mais il y a une différence de taille, en ce sens où il obtenait un score risible. Pour autant, avec un peu de recul, il me semble que nous ne sommes pas si loin du cas américain, en définitive. Car quelque chose ressort clairement de ces élections : l'ordre actuel, comme chez nous, est en train de s'écrouler. Là-bas, ce sont des candidats comme Donald Trump qui tirent leur épingle du jeu : des challengers qui prônent la destruction du modèle existant. Mais ici, nous avons un équivalent puisque nous avons la présidente du Front National. Aux Etats-Unis comme en France, un changement analogue est en cours : l'électorat ne supporte plus ses élites. Cela fait un bout de temps que ce désamour caractérise notre société. Lors des élections de 2002, un certain Jean-Marie Le Pen était déjà passé au second tour. On ne peut donc pas prétendre que ça vient de sortir. Il s'agit davantage d'une vague de fond qui s'est construite au fil des décennies. Je crois que tout a commencé à partir de Napoléon. Et puis c'est monté, avec les crises économiques, la montée de la dette publique, la montée du chômage.. Lors de ce séminaire à Cuba, quelqu'un a décrit ce rejet comme une menace pour la démocratie. Mais je ne suis pas du tout d'accord avec cette idée. Je crois au contraire qu'il est capital de rappeler qui est le patron, de temps à autre : le peuple. Pour l'instant, c'est l'ère des populistes. Mais après cela viendra enfin l'ère de la reconstruction. A lire sur le site internet de l'Agence Séminaire à Cuba.