En 2013, 70 213 certificats de décès mentionnent l’IC comme cause initiale ou associée de décès, dont une majorité de femmes (55,4 %). Environ deux tiers (64,6 %) des personnes décédées sont âgées de 85 ans ou plus (74,5 % chez les femmes, 52,4 % chez les hommes). La part de décès survenus avant 65 ans est faible (4,7 %) et inférieure chez les femmes (2,6 %) par rapport aux hommes (7,2 %). En 2013, le taux brut de mortalité liée à l’IC est de 106,9/100 000 habitants (114,8 chez les femmes, 98,4 chez les hommes). À l’inverse, le taux standardisé sur l’âge est plus élevé chez les hommes que chez les femmes (127,7 versus 82,8). Entre 2000 et 2013, le taux standardisé de mortalité diminue fortement (- 36,0 %) de façon homogène selon le sexe et l’âge. La réduction de la mortalité liée à l’IC témoignerait de l’amélioration de la prise en charge de l’IC et des cardiopathies ischémiques. Les Hauts-de-France et la Corse affichent les taux de mortalité les plus élevés. L’Îlede-France, quant à elle, présente le taux le plus bas. Les taux demeurent proches de la moyenne nationale pour les autres régions métropolitaines. Les DROM ont des taux particulièrement bas par rapport au taux national, à l’exception de La Réunion. Ces disparités régionales pourraient s’expliquer par des taux de patients hospitalisés variables et par des inégalités sociales aussi bien dans l’accès aux soins que dans la prise en charge. De plus, les personnes insuffisantes cardiaques étant généralement âgées, les difficultés inhérentes à leur prise en charge sont à considérer, et sont plus ou moins importantes selon la région de domicile. Enfin, l’IC étant mentionnée en tant que cause associée de décès dans deux tiers des certificats de décès, la cause initiale de décès est fréquemment non cardio-vasculaire. Ainsi, les disparités de prise en charge de ces affections non cardio-vasculaires peuvent jouer un rôle dans les disparités régionales de mortalité liée à l’IC. En 2013, le taux de mortalité liée à l’IC varie selon l’indice de désavantage social (FDep) de la commune de résidence. Il est environ 1,5 fois plus élevé dans le quintile de population le plus défavorisé socio-économiquement (Q5) par rapport au moins défavorisé (Q1). Cet écart de mortalité est plus marqué parmi les personnes de moins de 65 ans (ratio Q5/Q1 de 2,5). Ces variations sont liées aux variations régionales du taux de patients hospitalisés et aux inégalités de prise en charge et d’observance des traitements selon la position socio-économique.