Ces jours-ci, deux pseudo-chanteuses sortent un disque, et, bien entendu, on les invite dans les radio-télés. Elles ont en commun une absence totale de voix, mais elles diffèrent par leur capacité à s’exprimer lorsqu’on leur pose des questions. La première, c’est Charlotte Gainsbourg. Elle, tout comme feu son père, est atteinte d’une timidité maladive, et il faudrait presque lui arracher les mots. Vous me direz que le mal n’est pas grand, attendu qu’elle n’a strictement rien à dire. Du moins ne nous casse-t-elle pas les oreilles, il suffit de faire autre chose pendant ses interviews ou, mieux, pendant qu’elle chante – aussi faux que sa mère Jane Birkin, et avec une tessiture aussi réduite, ne dépassant pas une demi-octave et déraillant dans les notes aigües. La seconde, c’est Carla Bruni. Elle n’a pas plus de voix qu’un papillon, mais elle cause, elle cause, c’est tout ce qu’elle sait faire (comme disait le perroquet de Zazie dans le métro), et on peut l’écouter en se marrant, afin de relever les âneries qu’elle profère sans se rendre compte qu’elle se ridiculise. Par exemple, que son mari – rappelez-moi son nom – est « le plus grand homme politique que ce pays a connu ». Elle n’est pas franchement antipathique, mais ce que je préfère chez elle, c’est son fils Aurélien ! Finalement, on se prend à regretter l’absence de Céline Dion ou de Mireille Mathieu. Elles, au moins, si elles vous assourdissent, sont capables de chanter juste.