En 2017, quelque 2,6 millions de réfugiés afghans vivaient dans plus de 70 pays du monde. Environ 95 % d’entre eux se trouvaient dans deux pays, l’Iran et le Pakistan, où ils étaient victimes de discrimination et d’attaques racistes et étaient confrontés à l’absence d’infrastructures de base et au risque d’expulsion collective. Entre 2002 et 2017, plus de 5,8 millions d’Afghans sont rentrés dans leur pays, souvent renvoyés contre leur gré par d’autres États. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a déclaré que quelque 437 907 personnes avaient été déplacées par le conflit rien qu’en 2017, ce qui portait à plus de deux millions le nombre total de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Malgré les engagements des gouvernements afghans successifs, les personnes déplacées ne disposaient toujours pas d’un logement convenable ni de suffisamment de nourriture et d’eau, et n’avaient pas accès comme il se devait aux soins médicaux, à l’éducation et à l’emploi. La plupart d’entre elles n’avaient d’autre choix que d’effectuer quotidiennement de longs trajets pour aller chercher de l’eau et avaient du mal à trouver de quoi prendre un repas par jour. La quasitotalité ne bénéficiait pas des services de santé de base. Les soins médicaux privés étaient inabordables pour la majorité des personnes déplacées, et les centres de santé mobiles, gérés par des ONG ou les pouvoirs publics, n’étaient à leur disposition que de façon sporadique. Par ailleurs, les personnes déplacées étaient régulièrement menacées d’expulsion forcée, aussi bien par des agents de l’État que par des acteurs non gouvernementaux.